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AERE, Association Environnement Reignier-Esery

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La circulation et les mobilités douces à Reignier

Publié le 9 Mars 2014 par aere74930 in Mobilité

La circulation et les mobilités douces à Reignier

L'AERE (Association Environnement Reignier-Esery) a participé au groupe de réflexion sur

la circulation future et les mobilités douces à Reignier

organisé par la municipalité en 2013.

Il faut avant tout savoir que la situation générale est objectivement difficile en raison de l'omniprésence de l'automobile (98%) et de la quasi-absence de transports publics (2% en Haute- Savoie !). Les enjeux sont élevés à cause de la saturation du réseau routier et de la qualité de l'air, dangereusement mauvaise dans le Val d'Arve et le genevois...

Le groupe de réflexion "Circulation" fut d'emblée limité à repenser le centre de Reignier, avec le parti-pris que la Grand-Rue continuerait d’absorber l'essentiel du trafic de transit (La Roche-Etrembières) car celui-ci ne peut être dévié sur d'autres axes en raison des réalités géographiques du territoire. A noter qu’une partie importante du trafic de la Grand-Rue est aujourd'hui du trafic local, généré par les reignerands qui n’ont pas d’autre alternative que la voiture étant donné l’absence quasi-totale d’aménagements en faveur des mobilités douces.

Le projet de contournement de Reignier est remis à plus tard car son coût dépasse largement les capacités financières de la commune (de l’ordre de 60Mo d’euros) et serait pris en charge par le Conseil Général qui n’envisage cette nouvelle infrastructure que lorsque le trafic de la Grand-Rue aura atteint 20’000 voitures par jour (environ 14'000 aujourd'hui).

La principale mesure pour le centre de Reignier serait la mise en place de "zones 30 km/h" dans la Grand-rue et les portions adjacentes des rues de Bersat, de St-Ange, du Dr Goy et celle du Môle, déjà en zone 30.

Philippe Lemoine a suggéré l'idée de définir des "seuils d'accueil" à toutes les entrées de l'agglomération, là où se trouvent les panneaux "REIGNIER-ESERY". Ces seuils indiqueraient aux automobilistes l'entrée en agglomération par le biais d’un aménagement invitant les automobilistes à modérer leur vitesse. De plus, ils conféreraient au centre de Reignier-Esery une véritable identité de bourg.

Pour éviter de dédoubler les dépenses, les aménagements provisoires sont bannis. Les propositions de seuils de ralentissement sont systématiquement rejetées, pour des motifs techniques.

Bas de la Grand-Rue :

La rue Cécile Boquet serait fermée à la circulation au profit de l'extension du parc, en connexion avec l'Eglise. Un giratoire est prévu entre la Grand-Rue, la D2 et la route de l'Eculaz. La piste cyclable qui sort de la rue des Ecoles vers l'Eglise pourrait alors se connecter à un début de piste cyclable sur la route de l'Eculaz. De nombreux détails sont encore à préciser.

Milieu de la Grand-Rue :

Un plateau surélevé freinerait la vitesse devant la Mairie et faciliterait la traversée piétonne en créant une impression de place où le piéton est prioritaire sur la voiture. Une connexion piétonne avec la rue des Ecoles à ce niveau est également projetée.

Haut de la Grand-Rue et rue de la Gare :

Un rond-point à peu près au niveau de la boulangerie Péguet devrait voir le jour et ralentir quelque peu les véhicules. Il offrira une connexion avec le nouveau groupe scolaire de Bersat. Vers la Gare, un parking-relais (P+R) situé de part et d’autre des voies est prévu en vue de l’arrivée du CEVA. Le franchissement piéton des voies reste à définir (par-dessus ou par dessous).

Depuis la gare, un itinéraire Mobilités douces commencerait rue de Bellecombe en direction du nouveau groupe scolaire de Bersat. En descendant encore, on traversera le nouveau rond-point de la rue de Bersat (vers le lycée Jeanne Antide) et on continuera en descendant la rue des Lavandières, elle aussi en zone 30 avec piste cyclable.

La rue des Ecoles serait divisée en 3 sections. La portion centrale devant l'école petite-section et la MJC serait érigée en "zone de rencontre" limitée à 20 km/h, tandis que le haut et le bas de la rue seraient en zone 30 et à double-sens, en raison de l'accès aux nouveaux immeubles. La question du sens de circulation comme la forme définitive de la piste cyclable ne sont pas encore résolues mais des places de stationnement en long devraient être supprimées au profit d'une voie cyclable.

Une nouvelle rue passera derrière le pôle périscolaire (médiathèque) pour déboucher devant l'ancienne fruitière. Les autocars scolaires emprunteront cet itinéraire pour délester la zone de rencontre (20 km/h). La ruelle devant la MJC serait dès lors supprimée, offrant plus de sécurité aux écoliers.

Parkings

Bien que l’offre en stationnement dans le centre-ville soit largement suffisante pour couvrir les besoins, de nouveaux parkings voitures sont prévus à peu près partout : extension de celui de la mairie, de la rue des Ecoles, du nouveau groupe scolaire de Bersat...

Chemins

Avant le démarrage du groupe municipal "circulation", l'Aère avait dressé une liste des POINTS NOIRS pour la circulation à Reignier-Esery et suggéré un développement des sentiers piétons. Ce point n'est pas encore abordé.

Il serait par exemple intéressant de mettre en valeur la jonction piétonne MJC-Méran en passant par les bois et la passerelle du Foron afin de désenclaver les écoles. Si cet itinéraire était amélioré, il pourrait impulser les mobilités douces sur un nouvel axe - Voir plan.

3 balades à pied sont proposées sur un plan, vendu 3 € (!) à la maison Cécile Boquet.

Mobilier urbain

A part le parvis de la Mairie et le rond-point de la Colline, aménagements réussis, le mobilier urbain est très pauvre à Reignier (1 banc sur la place des Challands et 1 au parc du Potier !). Les aménagements conviviaux et l'esthétique devraient pourtant créer une image accueillante et induisent un changement de comportement chez la plupart des automobilistes. Le centre-ville est aujourd'hui bien plus accueillant pour la voiture que pour les piétons et les cyclistes et la municipalité semble n'être qu'au début d'une prise de conscience de cet enjeu.

COMMENTAIRES:

Au sein de ce groupe, nous avons eu l'impression d’une consultation des citoyens "en aval". Les plans des principaux projets touchant aux réseaux de mobilité existaient déjà mais nous étaient révélés au compte-goutte et la réflexion se bornait à des points secondaires, bien que complexes eux aussi.

Aucune autre commune n'a été prise en exemple pour stimuler la recherche de solutions. Le budget semble être vécu comme un problème permanent qui entrave toute avancée, alors que des communes comparables offrent des réalisations convaincantes.

A la décharge des élus, reconnaissons que la situation du trafic est de toute façon très contrainte et que la moindre question peut receler d'infinies complexités. Mais pour ne pas donner dans le fatalisme, mieux vaudrait regarder l'avenir avec plus d'ambition...

Eviter le provisoire revient à reléguer une part des aménagements à l'horizon 2020 ou plus alors que certains endroits ont besoin de mesures urgentes. Reignier semble déjà bien en retard en comparaison d'autres communes du département qui tentent de donner une véritable place aux mobilités douces dans leur centre-ville (cf photo de Veigy-Foncenex ci-dessus).

Bannir les seuils de ralentissement, de chicanes ou d’autres types d’aménagement de modération ressemble à un refus de mettre l'automobile au pas pour réellement faire du centre-ville de Reignier-Esery une zone accueillante pour les piétons et les cyclistes.

L'idée de P+R à la gare est excellente et a l'intérêt d'enrichir une alternative à la voiture. Malheureusement, la fréquence des trains risque d’être péjorée par rapport à la situation actuelle (plus qu’un train par heure en 2018, contre deux aujourd'hui) puisque l’infrastructure ferroviaire ne permettra pas à tous les trains circulant entre Annemasse et la Roche (3 par heure et par sens) de s’arrêter. Quand on pense aux millions d’euros investis par nos collectivités locales dans ce projet d’infrastructure vital pour le territoire, on ne peut être que déçu de cette gare, la plus proche d’Annemasse, laissée pour compte dans ce projet de RER transfrontalier !

La politique des parkings n'est pas explicitée à ce stade mais on peut craindre que la profusion de places encourage chacun à effectuer tous ses déplacements en auto. Ceci est contraire à tout ce que font les villes qui encouragent des mobilités douces et on sait que les trajets courts en auto sont proportionnellement les plus polluants. Qui laissera ses enfants partir à vélo si les rues sont en permanence saturées ?

Une politique de découragement du porte-à-porte automobile n'est pas prise en compte, alors que le cœur de ville se prête parfaitement, par une topographie très favorable et des distances courtes, aux déplacements doux.

CONCLUSION

Certains projets sont solides et la réflexion continue. Mais l'automobile a encore de beaux jours devant elle à Reignier, au détriment des autres modes de déplacements et de la qualité de l'air.

Cheminement vers Marsinge par la passerelle du Foron (en gris), par la route et le pont de Méran (en bleu)

Cheminement vers Marsinge par la passerelle du Foron (en gris), par la route et le pont de Méran (en bleu)

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