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AERE, Association Environnement Reignier-Esery

Avec malice et esprit positif, nous agissons localement pour l'environnement: Pédibus, AMAP, autoconstruction de fours solaires, boîtes d'échanges de livres et objets, qualité de vie et questions de mobilité - Les solutions existent, rejoignez-nous !

Le Plein pour l'AERE et pour le nid de la Sitelle

Publié le 15 Mai 2021 par Phil Chloro

Nos ateliers-découverte font le plein (voir annonce précédente) et s'achèvent en discussions conviviales, avec quelques adhésions à notre association, ce qui nous réjouit beaucoup! 

Ne manquez pas notre premier Café-vélo du samedi 19 juin aura lieu au Corti, à proximité du marché. Nous y sommes accueillis par nos amis des Incroyables Comestibles, le matin dès 9 heures 30. Venez nous parler de vos expériences de cyclisme. Réglages-vélo gratuits!

Pendant les préparatifs du prochain atelier "JARDIN SAUVAGE" (12 juin), un ami et photographe de talent est venu observer une nichée de sitelles-torchepot dans ce même jardin. Récit d'une démarche pleine de profondeur et lien vers de magnifiques photos:

 

 

Il faut observer son jardin

photo Laurent Klein

Agir localement pour l’environnement ne passe-t-il pas d’abord par la connaissance de son environnement le plus proche, à savoir son jardin ?
Encore faut-il en avoir le temps !
Avec les rythmes trépidants que nous menons, l’occasion de prendre vraiment du temps nous été donnée au printemps l’année dernière. C’était le 17 mars 2020 et à partir de midi la France s’arrêta...

L’automne précédent, j’avais fabriqué et installé un nichoir dans mon prunier ainsi qu’une caméra à l’intérieur avec le secret espoir d’assister à une éclosion. Par une étrange synchronisation et alors qu’on ne pouvait plus se déplacer à plus d’un kilomètre de chez soi, une mésange décida de se confiner dans mon jardin.
Pendant huit semaines, ce fut un véritable enchantement et je passai l’essentiel de mon temps à observer la nidification d’un couple de mésanges charbonnières. La réalisation du nid par la femelle est d’une technicité remarquable pour obtenir une bonne isolation thermique. Elle y dormait même la nuit toute seule en boule, peut-être pour y tester le confort.

La ponte des œufs eut lieu au moment de Pâques (cela ne s’invente pas) et j’appris à faire la différence entre la femelle et le mâle qui ne rentrait lui jamais à l’intérieur du nichoir. Il se contentait de rester à proximité tout en émettant un chant maintenant si familier : titu, titu, titu... !
L’éclosion au bout de quinze jours de couvaison marqua un tournant dans cette observation puisqu’à partir de cet instant ce fut le ballet incessant des allers et retours pour nourrir les oisillons. Tout le registre des petites bêtes des environs y passait, des chenilles, des araignées, des vers de terre et tous les insectes possibles et imaginables...un véritable régime protéinique. C’est à postériori en regardant les photos que je pouvais voir ce qu’il y avait dans le bec car en réalité tout va très vite. Jour après jour, j’assistai grâce à la caméra, à la croissance des oisillons : des premiers cris stridents animés par la faim et accompagnés de cette vision hallucinante des becs grands ouverts prêts pour le gavage, à l’apparition des plumes. Il faut être admiratif de l’énergie déployée par le couple pendant toute cette période cruciale qu’est le nourrissage. Le partage des tâches est bien établi car la femelle s’attarde à l’intérieur du nichoir pour le nettoyer et évacuer régulièrement les sacs fécaux tandis que le mâle se contente de nourrir rapidement les petits et surtout il monte la garde à l’extérieur pour marquer son territoire : titu, titu, titu... !

sitelles

Malheureusement, une forte baisse des températures début mai ou un

parasite furent fatals à toute la nichée... Vous l’aurez compris, au-delà de ce triste évènement, ce fut une véritable révélation. Dire que quelques mois en arrière je ne faisais pas la différence entre les mésanges charbonnières et les mésanges bleues. Je pensais qu’il n’y avait à peu près que des merles, des moineaux et des pies dans mon jardin. J’ai découvert qu’il existait aussi des rouges- gorges, des rouges-queues, des grives musiciennes, des étourneaux, des fauvettes à tête noire, des chardonnerets élégants, des pinsons des arbres...
Cette année je ne me suis pas contenté d’élargir mes connaissances ornithologiques chez moi puisque j’ai profité du joli mois d’avril pour découvrir d’autres jardins à Reignier notamment rue de Morlange où une sittelle torchepot y niche. Merci à Emmanuelle et Philippe de m’avoir laissé ouvert votre petit coin de paradis.
Maintenant, je mets un point d’eau à disposition des oiseaux même en hiver en plus des graines de tournesol, je ne tonds plus la pelouse aussi régulièrement qu’avant mais je la fauche en laissant par endroit des fleurs pour que les insectes puissent butiner et je ne taille plus la haie au printemps mais uniquement en automne.

Il faut prendre le temps d’observer son jardin pour réaliser à quel point la nature est belle et fragile à la fois.

https://www.kleinlaurent.fr/oiseaux

 

Photo Laurent Klein
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